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Comment faire face à une mauvaise qualité de l’air ?

Un matin de février, on ouvre la fenêtre et une odeur âcre stagne dans la rue. Le bulletin d’Atmo affiche un dépassement de seuil pour les particules fines. À l’intérieur, le capteur de CO2 de la salle de réunion vire au rouge. La mauvaise qualité de l’air ne se limite pas aux pics de pollution extérieure : elle concerne aussi nos logements, nos bureaux, nos trajets quotidiens.

Pollution intérieure : les sources qu’on ne soupçonne pas assez

On pense souvent que fermer les fenêtres suffit à se protéger d’un épisode de pollution. L’INRS rappelle pourtant que l’air intérieur peut être pollué par les matériaux, le mobilier et les produits stockés. Peintures, colles, panneaux agglomérés et produits ménagers libèrent des composés organiques volatils en continu.

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À cela s’ajoutent les émissions liées au chauffage. Un appareil à bois mal entretenu ou un conduit encrassé génère des particules fines à l’intérieur même du logement. Les bougies parfumées et l’encens contribuent aussi à dégrader la qualité de l’air dans les pièces fermées.

La première action concrète consiste à identifier ces sources pièce par pièce. On peut commencer par la cuisine (cuisson au gaz, hotte non raccordée à l’extérieur), puis la salle de bain (humidité, moisissures) et les chambres (literie synthétique, meubles neufs).

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Homme consultant une application qualité de l'air depuis son appartement

Surveiller la qualité de l’air heure par heure pour adapter sa journée

Les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (comme AtmoSud ou Atmo Nouvelle-Aquitaine) proposent désormais un suivi heure par heure. Ce n’est plus un simple bulletin météo : la surveillance horaire permet de planifier ses activités extérieures en fonction des créneaux les moins pollués.

En pratique, on consulte l’indice le matin avant de décider si on sort courir ou si on reporte la séance. Les concentrations de polluants varient fortement selon l’heure : elles augmentent généralement aux heures de pointe du trafic routier et redescendent en milieu de journée.

Personnes vulnérables : des consignes spécifiques

L’ARS Île-de-France distingue deux catégories dans ses recommandations : les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, patients atteints de maladies respiratoires ou cardiovasculaires) et les personnes sensibles (celles qui se savent réactives à la pollution). Pour les premières, les activités physiques intenses en extérieur doivent être reportées dès le déclenchement d’un épisode de pollution.

Pour le grand public, les recommandations restent graduées : réduire la durée des efforts, éviter les grands axes routiers aux heures de fort trafic, et surveiller l’apparition de symptômes comme la toux, l’irritation des yeux ou une gêne respiratoire inhabituelle.

Ventilation et chauffage : les deux leviers qu’on contrôle directement

Aérer reste nécessaire même en période de pollution extérieure. On privilégie des créneaux courts (cinq à dix minutes) tôt le matin ou tard le soir, quand le trafic routier est faible. Garder un logement totalement fermé pendant plusieurs jours dégrade la qualité de l’air intérieur plus vite qu’on ne le pense, à cause de l’accumulation de CO2 et des polluants émis par les matériaux.

Le système de ventilation mécanique (VMC) joue un rôle central. On vérifie que les bouches d’extraction ne sont pas obstruées et que les filtres sont changés selon les préconisations du fabricant. Les retours varient sur ce point, mais un filtre encrassé peut devenir lui-même une source de particules rediffusées.

Chauffage au bois : un cas particulier à traiter

Le chauffage au bois représente une part notable des émissions de particules fines en France, surtout dans les vallées encaissées en hiver. Trois points concrets permettent de limiter l’impact :

  • Utiliser du bois sec (stocké au moins deux ans à l’abri), car le bois humide produit bien plus de fumées et de particules
  • Faire ramoner le conduit au moins une fois par an et vérifier l’étanchéité de l’appareil, surtout sur les foyers ouverts anciens
  • Privilégier un appareil labellisé performant (insert ou poêle récent) plutôt qu’une cheminée à foyer ouvert, dont le rendement est faible et les émissions élevées

Remplacer un foyer ouvert par un insert récent réduit significativement les émissions de particules tout en améliorant le rendement énergétique.

Couple âgé mesurant la qualité de l'air dans un parc urbain en automne

Adapter les conditions de travail quand l’air extérieur est dégradé

Les employeurs sont de plus en plus concernés par la gestion du risque lié à la qualité de l’air. Le CCHST recommande de régler les systèmes de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) en période de mauvaise qualité de l’air, et d’ajuster l’organisation des activités extérieures pour les salariés exposés.

Sur un chantier ou dans un entrepôt à portes ouvertes, on peut décaler les tâches les plus physiques aux créneaux où la concentration de polluants est la plus basse. À l’intérieur des bureaux, vérifier le bon fonctionnement de la ventilation mécanique est la mesure la plus rentable en période de pic.

Symptômes à ne pas ignorer au travail

Maux de tête récurrents, fatigue anormale, irritation des voies respiratoires : ces symptômes peuvent signaler un problème de qualité de l’air intérieur dans les locaux. Ils sont souvent attribués au stress ou à la fatigue, alors qu’une mesure simple du CO2 ambiant permettrait de poser un diagnostic rapide.

  • Un taux de CO2 qui reste élevé en permanence indique un renouvellement d’air insuffisant
  • Des odeurs persistantes de moisi signalent un problème d’humidité à traiter en priorité
  • Des symptômes qui disparaissent le week-end et reviennent le lundi orientent clairement vers l’environnement de travail

La qualité de l’air se gère au quotidien, pas seulement lors des alertes préfectorales. Identifier ses sources de pollution intérieure, consulter les indices horaires avant de sortir, entretenir sa ventilation et son chauffage : ces gestes réguliers protègent davantage que la seule réaction en cas de pic. L’exposition cumulée sur des mois pèse plus lourd sur la santé que quelques jours de dépassement de seuil.